samedi 19 juillet 2008

Gracias por su visita





La Poesía

Y fue a esa edad ... Llegó la poesía
a buscarme. No sé, no sé de dónde
salió, de invierno o río.
No sé cómo ni cuándo,
no, no eran voces, no eran
palabras, ni silencio,
pero desde una calle me llamaba,
desde las ramas de la noche,
de pronto entre los otros,
entre fuegos violentos
o regresando solo,
allí estaba sin rostro
y me tocaba.





Yo no sabía qué decir, mi boca
no sabía
nombrar,
mis ojos eran ciegos,
y algo golpeaba en mi alma,
fiebre o alas perdidas,
y me fui haciendo solo,
descifrando
aquella quemadura,
y escribí la primera línea vaga,
vaga, sin cuerpo, pura
tontería,
pura sabiduría
del que no sabe nada
y vi de pronto
el cielo
desgranado
y abierto,
planetas,
plantaciones palpitantes,
la sombra perforada,
acribillada
por flechas, fuego y flores,
la noche arrolladora, el universo.





Y yo, mínimo ser,
ebrio del gran vacío
constelado,
a semejanza, a imagen
del misterio,
me sentí parte pura
del abismo,
rodé con las estrellas,
mi corazón se desató en el viento.


Pablo Neruda - 1964






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jeudi 10 juillet 2008

Ou carrément inaudible



"Ne me parlez pas de ça..." Ne vous avait-on pas prévenu que c'était une audience, que vous aviez l'honneur d'être reçu par un grand personnage ? Vous auriez dû prendre garde à chacune de vos paroles. Vous avez commis une imprudence. Vous avez déplu. Vous êtes congédié. Sur un signe de leur maître, des valets insolents et brutaux vous reconduisent..."

(...)

"Ne me parlez pas de ça..." Mais où croyez-vous être ? Entre concitoyens, en temps de paix ? Vous ignoriez que vous étiez dans un pays que des troupes ennemies occupent ? Vous ne connaissez pas les ordonnances ? Vous les avez violées, une patrouille vous a vu, on vous a mis en joue, on tire... dans la tête avec un bruit énorme ça explose..."

N. Sarraute - L'usage de la parole

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mercredi 9 juillet 2008

A peine perceptible




"Parfois, à force d'insistance, ces louches et innommables "éléments" parviennent à donner un vrai nom. Et cette fois, munis de pièces d'identité en bonne et due forme, ils se présentent... — Comment vous appelez-vous ? — Je m'appelle... les gardes préposés à la sécurité de l'Amour pâlissent et tremblent... Oui, vous avez bien vu. C'est bien mon nom. On ne peut m'en donner aucun autre. C'est bien le nom par lequel on me désigne. Oui : Ennui. Parfaitement. Oui : Humiliation. Oui : Abdication. Oui : Désapprobation. Oui : Eloignement. Oui : Mépris. — Mépris ? Mais les gardes ont donné l'alerte. C'est le branle-bas. C'est la mobilisation. Toutes les forces dont l'Amour dispose, clamant son nom sacré, se précipitent vers le nom ennemi.
Ce n'est pas le lieu de décrire toutes les péripéties par lesquelles peuvent passer ces combats.
Souvent le mot Amour l'emporte. Il se dresse triomphant sur le mot écrasé. Son pied fièrement posé sur cette loque méconnaissable, vouée aux vautours, qui portait le redoutable nom d'Ennui, d'Eloignement ou de Mépris..."

N. Sarraute - L'usage de la parole

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samedi 5 juillet 2008

Pour le reste de ta vie



Paul Klee disait que les tableaux nous regardent... Je sais que les photographies nous regardent aussi.
Surtout lorsqu'une seconde égalait une seconde, une minute soixante secondes et une heure soixante minutes. Une journée comportait vingt-quatre heures, une semaine sept jours et un mois quatre semaines.













































































































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A la hauteur de sa légende






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vendredi 4 juillet 2008

Fol qui s'y fia



Petit cailloux a mal. Ses tripes sont à l'air, à vif, à pleurs. Il sait qu'il devrait dire ouf et être content de s'enfuir en courant. Il le sait parfaitement. Mais ce n'est pas si simple... Si cela l'était, la vie serait moins compliquée.
Petit cailloux a lu cette citation : "La trahison ne réussit jamais, car, lorsqu'elle réussit, on lui donne un autre nom." Il hésite entre plusieurs interprétations. Mais toutes tendent vers la même conclusion. Les serments faux, les ratés, les serments ratés aussi, les mensonges, la duplicité, les choses commencées derrière son dos, la trahison, combien ça pèse dans une balance où il imaginait de la sincèrité et de l'amour ?
Des fois, Petit Cailloux est pire qu'une midinette, il le sait. Il s'en fiche. Il est et reste sidéré.


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jeudi 3 juillet 2008

Libertad



Fifille me demandait hier de lui situer politiquement Pablo Picasso. Discussion sur le franquisme, les réfugiés espagnols, le peintre et sa notoriété montante, ses non prises de positions vis-à-vis des nazis pendant la guerre, les ventes de ses tableaux aux allemands, son "ami" Max Ernst qu'il a laissé déporter et mourir...

Et puis, hier soir, lorsque je rentre, je trouve Fifille encore devant la télé, mais elle s'écrie : Ingrid est libre !
Je suis très contente. Heureuse. C'est bien.
La fin des Farc ? A la radio, ils se gargarisent que oui.

Une "petite" pensée quand même pour les quelques 800 otages des Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia (3000 selon d'autres sources...). Que vont-ils devenir, ceux-là ? Vont-ils payer le départ d'Ingrid ?
Comme c'est compliqué !

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